Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Un contexte économique nouveau, un nouvel âge des compétences

Dans l’économie de la connaissance et des services qui caractérise les sociétés occidentales, l’importance d’un haut niveau de qualifications et de compétences est devenue fondamentale. Sur le marché du travail, on constate que la part des emplois nécessitant un niveau de compétences élevé ne cesse d’augmenter (notamment en Allemagne, en France et au Royaume-Uni) tandis que décroît la part des professions demandant un niveau moyen de compétences et que stagne en Europe (et augmente aux États-Unis) la part des emplois les moins rémunérés. Symétriquement, les personnes non ou peu qualifiées sont beaucoup plus au chômage que les autres. L’emploi qualifié est au cœur de la croissance de l’emploi : la sensibilité de l’emploi très qualifié aux variations du cycle économique est nulle (cet emploi est même en progression depuis 2008), au contraire de l’emploi de qualification moyenne ou faible. Quand les entreprises font des ajustements par l’emploi, elles privilégient le maintien des emplois qualifiés (labour hoarding sélectif, «rétention sélective de la maind’œuvre»), particulièrement celles poursuivant un objectif d’innovation. Il convient de bien identifier les qualifications qui sont recherchées. Les compétences nécessaires aujourd’hui dépassent les seules qualifications académiques, et intègrent les compétences psychosociales. Les employeurs recherchent un ensemble de compétences non cognitives et comportementales : motivation, disponibilité, aptitudes relationnelles, polyvalence, capacité d’adaptation, «préoccupation de son client ou de son manager ». L’importance de la formation initiale comme de la formation continue est soulignée par tous les acteurs des politiques de l’emploi. Bien que l’investissement dans l’éducation et la formation soit un objectif consensuel en Europe, on y note une stagnation de la productivité du travail qui soulève l’hypothèse d’une «stagnation séculaire», mais peut également s’expliquer par plusieurs autres facteurs : des problèmes de mesure, d’insuffisance de la demande, une rupture technologique avec des conséquences durables, enfin une dégradation de la qualité de l’emploi liée au développement de formes d’emploi flexibles, à bas coût et à faible productivité. La part prise par ce dernier facteur est particulièrement soulignée.

Les commentaires sont fermés.